Le projet du Gira
Le GIRA est un regroupement de chercheurs et chercheures de divers horizons nationaux et disciplinaires des sciences humaines, réunis sur une base volontaire, qui s'interrogent - à partir de leurs ancrages nationaux, institutionnels et disciplinaires respectifs, de leurs intérêts et thématiques de recherche propres - sur leur identité et sur leurs responsabilités individuelles et collectives de chercheur-e. Cette identité et ces responsabilités sont définies par l'inscription des chercheurs dans :
- un espace national en voie de globalisation et, à l'échelle des Amériques, de continentalisation;
- un espace institutionnel universitaire en voie de décloisonnement, caractérisé par une attente croissante de la part des décideurs gouvernementaux ou des groupes et des mouvements sociaux de "pertinence" sociale et culturelle à l'égard de la production de connaissances;
- un espace disciplinaire exposé de manière croissante à une diversité de perspectives d'analyse et de compréhension des phénomènes sous étude.
Les membres du GIRA se définissent comme des acteurs réflexifs, c'est-à-dire qu'ils se conçoivent comme participant de et à la transformation des cadres culturels et sociaux prévalents. Ils prennent acte que la réalité ne cesse de dépasser ces cadres établis et en contestent le bien-fondé et le caractère souvent normatif. Aussi s'efforcent-ils de se décentrer des cadres et des espaces reconnus, qu'ils soient nationaux, institutionnels ou disciplinaires, afin d'aider à transformer les regards et les perspectives d'action.
Pour ce faire, ils cherchent à expérimenter, de la manière la plus systématique possible, la rencontre de l'autre, d'une altérité définie autant par sa différence nationale (d'où la volonté de privilégier les contacts scientifiques internationaux), institutionnelle (en référence à la diversité des attentes sociales de " pertinence " des connaissances produites de la part des utilisateurs de ces connaissances) que disciplinaire (par la multiplication des regards disciplinaires sur un objet donné). En d'autres termes, les chercheurs-es du GIRA s'efforcent dans leurs travaux de croiser les provenances et les enracinements nationaux, les expériences historiques, les sources de demande de connaissances et les disciplines.
Ils cherchent aussi à actualiser cette rencontre de l'altérité en optant pour des approches et des méthodologies de travail qui reposent sur :
- un questionnement de la légitimité des savoirs scientifiques en les confrontant à la diversité des savoirs pratiques et expérientiels;
- un questionnement du rôle et du statut de l'expertise scientifique (qui présuppose généralement la détention d'un savoir spécifique indépendant des conditions de sa production ou de son application);
- un développement des méthodologies comparatives de recherche, entre pays, entre institutions, entre disciplines;
- la promotion de débats et d'échanges internationaux, interinstitutionnels et interdisciplinaires, ou mieux : transnationaux, transinstitutionnels et transdisciplinaires, en fonction d'objets ou de thèmes spécifiques de recherche, d'une recherche qui se veut en prise directe avec des enjeux culturels et sociaux spécifiques;
- la volonté pour chacun des participants de soumettre sa production de recherche au regard de l'altérité (nationale, institutionnelle et/ou disciplinaire) et d'en faire une relecture, de la "revisiter" en fonction de ces regards croisés et, plus largement, des orientations de recherche développées par le GIRA.
Enfin, en tant qu'acteurs réflexifs, les membres du GIRA s'inscrivent dans un projet de changement culturel et social qui vise la promotion et la consolidation des valeurs humanistes fondées sur la reconnaissance des droits et de la citoyenneté dans le cadre d'un "espace public démocratique" en partie constitué, mais surtout à constituer à l'échelle des Amériques.